Le casting douteux des Fanfarons de l’éducation !

Le projet « Fanfarons » initié par l’association Swing Gum Enfance a rassemblé la semaine dernière à l’Opéra Comédie pas moins de 4000 enfants issus de 160 écoles de Montpellier. Les bambins ont présenté-là un répertoire de chants variés qu’ils ont travaillé pendant toute l’année scolaire. Sauf qu’au dernier moment, un bémol s’est glissé dans les partitions des chanteurs en herbe. Les Fanfarons ? « Ce merveilleux projet pédagogique aide les enseignants à développer la mémoire et la concentration de leurs élèves mais aussi former une cohésion de groupe. La musique étant un moyen de s’émanciper et de se révéler face aux autres. Les enfants apprennent à prendre en compte les autres petits chanteurs et les adultes qui organisent le spectacle », explique France 3 (19/06/15). Pour sa part, Midi Libre ne tarie pas d’éloges sur l’événement qui met un point d’honneur sur la pédagogie : « Cette initiative va au-delà de la simple approche musicale, elle a un bienfait pédagogique. Les élèves qui participent à ces chœurs sont en règle générale motivés, plus disciplinés et plus attentifs. Sans parler du travail collectif et de la reconnaissance qui accompagnent cette démarche. » Thierry Capéran, conseiller pédagogique en éducation musicale qui a coaché les Fanfarons, confie tout de même : « Tout n’a pas été simple, mais finalement ça fonctionne bien. » Tout n’a effectivement pas été simple… à cause du manque de pédagogie des initiateurs du projet. Pour le coup, il semble qu’il y ait bien eu erreur de casting !

The show must go on ! IMG_5811_1024

L’école élémentaire Charles-Dickens située dans le quartier des Aiguerelles fait partie du projet. Les petits chanteurs du cours préparatoire (CP) sont ainsi tout heureux de rentrer chaque semaine avec leur cahier de chansons. Chaque semaine depuis le mois octobre, ils chantonnent et crient à tue-tête : « Où sont passés les tuyaux, pas de panique, il nous les faut !! », ou encore : « Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux !! » Tous les parents sont ravis pour leurs bambins et parfois même, ils se disent : « Au secours ! Je n’en peux plus d’entendre cent fois la même chanson ! ». Rien de plus normal quand on dit pendant six mois à 50 petits CP fraîchement sortis de la maternelle : « tu vas faire un spectacle EXTRAORDINAIRE. » Il y a de quoi y mettre du cœur à l’ouvrage ! Alors que ces chères têtes blondes s’égosillent répétition après répétition, le 26 avril dernier, les parents de la classe de CP reçoivent un mail étrange : Mail-Fanfarons-260415 Effectivement, des « interrogations » s’étaient faites jour car depuis la fin du mois de mars, les enfants parlaient d’une sélection pour les plus sages. Les maîtresses se sont donc retrouvées contraintes (sous la menace ?) de « dé-sélectionner » certains élèves. Quels sont les critères de « dé-sélection » ? Et quid du beau projet pour tous ? Les parents concernés seront effectivement mis au courant deux semaines avant l’événement en trois minutes devant le portail de l’école à la sortie des classes. Des fausses notes pédagogiques qui s’ajoutent à cette mauvaise comédie de boulevard. Alors que leurs camarades répétaient le 1er juin, les exclus subissent la double peine. Ils sont aussi exclus de la répétition du 1er juin où ils sont restés « à l’école avec une collègue. » Ah, le beau projet pédagogique !

Quotas de fanfarons

Tous les enfants de l’école ne participent donc pas à ce merveilleux projet pédagogique ? Faute de place ?! Mais ils sont tout petits, ce sont des CP, ils ne prennent pas beaucoup de place. Si ? Bon, ne t’inquiète pas bonhomme, demain, on en parle à la maîtresse. Pas besoin d’attendre le lendemain, car dès le soir même, des mails de parents afflux : « Comment ça une sélection ? Sur quel critère ? Avez-vous expliqué aux enfants qu’ils sont en compétition ? », etc. La liste interrogative parentale s’allonge. C’est normal, il faut les comprendre, cela fait six mois qu’ils chantent tous les soirs du Zebda ! « Tomber la chemise » en boucle, il faut avoir aussi beaucoup de courage !IMG_5587_1024 LE merveilleux projet pédagogique sensé développer la mémoire, la concentration et former une cohésion de groupe prendrait-il l’eau ? La réponse éducative pour cette sélection tombe : « C’est l’association qui nous a imposé des quotas d’enfants…Donc, certains ne pourront pas participer… Mais ce n’est pas grave, ils sont petits, à cet âge-là ils s’en moquent de chanter, ils chanteront l’an prochain ! » Des quotas ? Pourquoi ? Je pensais que les projets pédagogiques étaient pour tous ? Je croyais, naïvement, que l’école ne faisait pas d’élitisme ? Je pensais, que l’école garantissait la réussite pour tous. C’est même ce qu’il y a d’écrit sur la page internet de l’association porteuse du projet qui veut « faire partager au plus grand nombre le chant choral et plus particulièrement aux enfants et adolescents des écoles et collèges. »

La pédagogie au pilori

Le couperet tombe mi-mai devant le portail de l’école, à la sortie des classes : « Votre enfant n’est pas sélectionné car nous avons estimé que son comportement n’était pas adapté. Il joue avec ses copains et ne se concentre pas assez. »  Rappelez-moi les objectifs du projet ? Du côté des petits parias de la chanson, c’est l’incompréhension qui domine, les larmes dans les yeux. Et surtout, ce visage vexé et fermé comme si l’enfant avait commis un crime. Un bout de choux de six ans qui sort de l’école avec une mésestime de lui et qui se sent rejeté. Mais les maîtresses le rassurent sur l’air de : « Tu n’es pas le seul à ne pas chanter… Et puis, on t’avait prévenu, tu n’as pas écouté ! Allez ce n’est pas grave, l’an prochain tu chanteras avec les autres ! » Que vont retenir ces enfants ? Que pendant un an, ils seront les gamins qui ne font pas d’effort et qui sont incapables de s’intégrer ou d’adhérer à un groupe ! Bravo la pédagogie participative et bienveillante ! Résumons : un petit groupe de 20 CP ne participent pas à cette chorale, et l’unique critère de sélection a été le comportement. Autrement dit, ceux qui n’arrivent pas à se concentrer, à retenir correctement les paroles des chansons ou à former la cohésion de groupe. Tiens, tiens, ne serait-ce pas un contre-sens à ce projet pédagogique qui doit justement développer ces trois points ? La fausse note est de taille !

Les parents au banc

La suite ? Ces 20 gamins se retrouvent comme les vilains petits canards de l’école avec une image d’eux-mêmes faussée et dévastatrice :  « Je ne chante pas car je NE suis PAS capable ! » M’aurait-on menti sur l’école ? Je pensais qu’on devait faire en sorte que TOUS les enfants réussissent et se sentent valorisés avec « bienveillance » ? Quel message leur envoie alors l’institution et l’association ? IMG_5602_1024Et pour en rajouter une couche, à partir de ce jour fatidique d’exclusion programmée, les parents des « malheureux élus » ont été à leur tour exclus de toute communication autour de l’organisation de ce spectacle. Sans parler, des répétitions dans la cour les lundis après-midi, où l’on pouvait voir les «exclus» assis par terre à regarder sagement les copains-copines s’entrainer. Et pour pousser encore plus loin le vice, les « exclus » étaient invités à aller voir les copains chanter à l’Opéra le vendredi 19 juin. Et là patatras quand ils découvrent sur scène que certains de leurs copains gigotent, rigolent ou baillent au lieu de chanter avec toute la « ferveur et l’exigence » attendue par les organisateurs ! Alors non, il n’y a pas de quoi « fanfaronner » ! Lorsqu’on est capable d’organiser un évènement pareil, mais qu’on impose d’exclure des enfants de 6 ans pour leur comportement, on ne peut pas être «fier» de CE projet ! Et on se retrouve bien loin de la partition du Ministère de l’Éducation nationale qui préconise la pédagogie participative et bienveillante.

11 réflexions sur “Le casting douteux des Fanfarons de l’éducation !

  1. Cette manière de communiquer me laisse dubitatif. Au minimum…
    Je pense que vous ne savez absolument pas de quoi vous parlez !
    Sur quoi ce base cette « article » (si on peut l’appeler ainsi) ??
    Qui vous a transmis ces informations ?
    Comment les avez-vous vérifiez ?
    Et quid de l’interprétation que vous en faites ?
    Alors, certes vous n’êtes pas journaliste, et il est vrai que l’on peut-être tenté par l’utilisation d’internet pour exprimer des opinions et les partager.Soit.
    Mais le problème est qu’internet à son pendant négatif. Il permet faire dire n’importe quoi à n’importe qui et par ce biais de porter préjudice aux personnes visées.
    Vous commettez, dans votre « article », la dangereuse erreur de faire l’amalgame entre le choix des enseignants qui, « contraints  » de sélectionner des élèves, auraient fait le choix d’écarter les brebis galeuses en suscitant apparemment de l’incompréhension chez certains parents, et, la responsabilité des initiateurs du projet..
    Ce raccourci est problématique et révélateur des limites d’internet en tant que média de communication de masse.
    L’utilisation que vous en faites me fait penser, dans une certaine mesure, à l’application GOSIP (application dédiée aux adolescents pour répandre des rumeurs sur leurs camarades).
    Je ne fais pas vous faire une liste des arguments qui plaident en faveur de ce projet. Mais je souhaitais tout de même lever le doute que vous faites planer quant à la responsabilité des personnes qui s’impliquent corps et âmes dans sa mise en œuvre, accusées de « malveillance » et d’élitisme ». Certes, il est indiscutable que tous les élèves dont les enseignants ont fait le choix de participer à ce projet ne pourront pas se produire sur scène en fin d’année.
    Mais chacun d’entre eux se lance dans cette aventure en CONNAISSANCE DE CAUSE. Il n’y a pas de place pour tout le monde et c’est comme ça !!!! Vous auriez dû écrire un article sur les enseignants qui font, soit disant, le choix délibéré de faire le tri en sélectionnant les élèves en fonction de leur comportement.. Il relève de la responsabilité de chaque enseignant, en tant qu’adulte responsable et bienveillant, d’être clair avec ses élèves dès le départ pour éviter les déceptions et ce genre de désagrément…
    En tant qu’enseignante, j’ose espérer que vous l’êtes assez (BIENVEILLANTE ET RESPONSABLE), et qu’ainsi vous répondez de manière exemplaire à l’exigence égalitaire républicaine. Ce qui est certain, c’est que vous ne l’êtes pas lorsque vous rédigez ce genre d’article !
    Enseignant moi-même, malgré mon investissement et mon désir de tendre vers cet idéal, je suis lucide quant aux limites de mon action quotidienne… Swin gum, parle biais de la musique, participe à cette quête, depuis de nombreuses années maintenant et avec peu d’équivalence en France. Et chacun des membres de l’association ce heurte peut-être aussi à la difficulté de contenter tout le monde..
    Mais ce qui est certain, c’est que Fanfarons fut une belle aventure, avec ses ratés sûrement (encore faudrait-il les démontrer de manière informée et objective), et ses remises en questions permanentes.
    Alors maintenant, la critique étant aisée, surtout dans la forme que vous lui donnez, que proposez-vous pour faire en sorte que ce projet soit davantage porteurs des idéaux républicains qui vous tiennent à cœur ???

    Baptiste

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  2. Trop tard, le mal est fait !
    Mais quand même :
    Erratum orthographe (fin d’année=fatigué;)
    Sur quoi « se » base « cet » article.
    Comment les-avez vous « vérifiées »
    « se heurte »

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  3. Tout est dans le titre,
    « Pas de roses sans épines » ou quand l’info piquante prime sur le fond, quel exemple de dérive polémiste !!!
    Cet article est désastreux, sans doute avez vous toutes les excuses. On ne s’improvise pas critique ou journaliste, mais si réellement l’identité de ce blog, comme des autres par ailleurs, réside dans la création d’un débat citoyen, peut être devriez vous faire preuve de davantage de vigilance.
    La méconnaissance du projet pédagogique en question transpire, la source se limite à une, deux enseignantes d’une l’école, de l’école du fils, du fils d’une amie ? Quelle lecture du projet global ? Quels questionnements ? Quels interlocuteurs ? C’est une vaste plaisanterie !
    Il serait tentant de reprendre phrase par phrase le contenu de ce texte. Pas une ne frôle le propos mensonger ou ne provoque l’indignation de tout enseignant ayant adhéré au projet. Car il s’agit en effet d’un projet pédagogique réel, rare, riche, coûteux. Qu’est ce que la pédagogie ? à défaut d’être journaliste, enfin, comment ne pas croire au nombrilisme !! Un projet pédagogique ne réside pas, seulement, dans la participation à quelconque événement de clôture, spectacle, exposition ou que sais-je encore.
    Oui, et parce qu’il est tissé, organisé avec toute pédagogie, conscience professionnelle et bienveillance, ce projet est un véritable projet pédagogique mené dans des centaines de classes depuis le mois d’octobre, dont TOUTES savaient qu’elle ne monteraient pas sur scène. Et nous sommes nombreux, croyez moi, à nous être appuyé sur des outils riches, clé en mains, des personnes ressources fiables et engagées en toute conscience pour faire d’abord, chanter nos élèves, sans promettre, sans isoler, sans compromettre. Fanfarons, c’est 9 mois dans la classe, et oui, la cohésion du groupe, et oui, le maintien de l’attention, et oui, la mémorisation, et oui, la culture humaniste. Le concert, où qu’il soit, à l’opéra, au théâtre, dans la cour d’école !!! est un aboutissement qui compte, certe, mais qui ne constitue en rien l’essence du projet !!
    Et c’est à charge ! Quand au bout de 10 lignes les initiateurs sont sabrés de manque de pédagogie, je vous assure, on croit rêver. Tout ce qui suit, et on en laisse pas une miette, incombe à la responsabilité de l’enseignant :
    « Rien de plus normal quand on dit pendant six mois à 50 petits CP fraîchement sortis de la maternelle » (on en verserait une larme nous aussi) : « tu vas faire un spectacle EXTRAORDINAIRE”. Mais les initiateurs ne promettent rien ! Ils informent, clairement, au lancement du projet.
    « Désélectionnés » ?? Les initiateurs ne sélectionnent pas ! ils accompagnent, ils font des choix, complexes, ne scindent jamais une classe, ne menacent pas, n’exercent pas de pressions, ne parlent pas de quotas !
    “Ils s’en moquent de chanter, ils chanteront l’an prochain ! » Quels sont les auteurs de ces propos ? Les initiateurs? Ceux dont les noms sont cités ? ce n’est pas sérieux…
    L’exclusion dans la cour, “Tu n’as pas été sage”, les initiateurs du projet ?
    Quand aux critères de sélection s’appuyant sur les comportements inadaptés, vraiment, c’est la cerise.
    Je vais vous dire ce que j’ai entendu moi. Ce projet “C’est l’espoir”. Un projet qui tient la route depuis 10 ans à la force et à l’engagement de ses initiateurs, ils sont là.
    4000 enfants sur scène et plus encore dans les écoles, dans les rues, dans les parcs qui partagent un vécu et un répertoire commun. Des écoles, pour la plupart situées dans des zones d’éducations prioritaires, des familles à qui l’on ouvre pour la première fois les portes du théâtre ou de l’opéra que ce soit en tant qu’artiste ou spectateur. À l’école élémentaire, on appelle ça le vivre ensemble, c’est aussi ça la pédagogie.
    Alors quand on illustre de surcroit avec les images chocs du bastion de l’éducation sur la lutte des classes et l’égalité des chances, franchement, ça devient outrancier.
    Lisez plutôt l’histoire du fils de Nasdreddine
    Allez, Que l’on se félicite du consensus et à bas les épines.
    Une enseignante en colère (qui a pourtant chanté toute l’année)

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  4. Que d’énergie dépensée pour ces « maux » à lire qui font mal ! Franchement, vous feriez mieux de consacrer autant d’énergie à collaborer, accompagner, aider, rencontrer, discuter avec les enseignants de vos enfants, pour peut-être un jour comprendre ce qu’est leur métier dans toute sa complexité !!
    Pour ma part, je participe à ce beau projet de chœur de circonscription, depuis de nombreuses années déjà. La première année, seule dans ma classe, en suivant le répertoire. La deuxième en faisant des échanges de service avec un collègue et en faisant chanter 50 gamins dans l’école. La troisième année en ayant réussi à impulser une dynamique pour l’école entière (240 élèves), avec l’aide de tous les collègues et surtout l’énergie de tous les enfants et un superbe spectacle de fin d’année, organisé au sein même de l’école. La quatrième en ayant la chance de faire un « vrai concert », dans une vraie salle, avec un vrai public. Et depuis la dynamique est lancée : les élèves chantent, les élèves mémorisent, les élèves s’investissent, les élèves donnent, les élèves apprennent, les élèves progressent, chacun à leur rythme, avec toute la bienveillance qu’on peut leur apporter. Et toujours en ayant l’espoir, l’envie, la joie de pouvoir chanter devant leurs parents, que ce soit sur une scène, à l’école, dans la voiture, à la maison, ou n’importe où d’ailleurs, car il n’y a que le regard de leurs parents qui compte !
    Ce que je retiens : l’important c’est de participer….

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  5. Voilà un article qui me laisse sans voix. Comme pour les commentaires précédents, je me pose des questions sur l’information reçue par cette mère d’élève. Dès le tout début de l’aventure « Chœurs d’enfants », dont « Fanfarons » est le dernier projet en date, nous (les enseignants) sommes informés que l’Opéra, la Cour des Chœurs ou Jean Vilar ne seront que la cerise sur le gâteau et qu’il ne faut en aucun cas en faire une finalité en soi. Dès la remise du répertoire, en octobre, les initiateurs du projet nous recommandent d’organiser un concert de classe ou d’école. Même si j’ai la chance avec mon école d’avoir pu faire participer plusieurs années durant mes élèves aux concerts à l’Opéra, je leur ai bien dit en octobre que nous ne savions pas SI nous pourrions chanter à l’Opéra, que nous ignorions, dans le meilleur des cas, QUI chanterait à l’Opéra… Mais que TOUS chanteraient lors du concert de l’école.
    Nous avons la chance, à Montpellier, grâce aux Conseillers pédagogiques musique et à Swing Gum Enfance, de bénéficier d’un répertoire de qualité, varié, toujours renouvelé, avec des outils de travail clé en main.
    Des enfants n’ont peut-être pas chanté sur des scènes prestigieuses de Montpellier, mais ils ont chanté, et c’est cela, la finalité du projet. Ils créent dans les classes, dans les écoles, des liens avec d’autres enfants. Ils apprennent à s’écouter, à suivre, à se concentrer, à mémoriser. Ils apprennent la rigueur et l’importance de leur travail. Ils progressent en chant choral, car les chants ne sont pas faciles et permettent de travailler des compétences diverses.
    Reprocher à des enseignants aussi fortement impliqués, qui permettent à 4000 enfants de chanter, de faire de l’élitisme, de mettre eux-mêmes volontairement des enfants sur la touche, c’est bien mal connaître tout se qui se cache derrière ce projet.
    Leur reprocher de ne pas avoir de place pour tout le monde est à la limite de la malhonnêteté. Que faut-il faire, alors ? Proposer un mois de concerts à l’Opéra ? Ne proposer le répertoire, les réunions de travail, le livret pédagogique, le CD avec chants et playback, les interventions dans les écoles, qu’aux seules classes présélectionnées en amont, pour que les pauvres bouts de chou de 6 ans (et ceux de 7, de 8, de 9, de 10…) ne soient pas frustrés ? Cela, oui, serait profondément injuste. Offrir tout ce travail, colossal, à tous les enfants de Montpellier, pour que tous puissent avoir un répertoire de qualité, c’est l’essence même du projet.
    Lorsqu’arrivent les propositions de concerts dans les écoles, le choix est à faire dans l’équipe pédagogique de chaque école. Faut-il faire chanter toute une classe mais pas les autres ? Faut-il procéder à un regroupement d’enfants très motivés et impliqués, faut-il plutôt favoriser les plus grands, parce qu’en CM2, c’est leur dernière chance de participer ? Cela, ce sont les enseignants des classes qui le décident, pas les initiateurs du projet. Avoir dit aux enfants « Tu vas faire un spectacle EXTRAORDINAIRE ! » ne pouvait être vrai que si l’enseignant en question avait prévu de faire son propre spectacle. Car là, oui, tous les enfants vivent un moment extraordinaire, ressentent une vraie fierté d’être sur scène (si, si, même la scène dans la cour sous le préau, prêtée gracieusement par la mairie) et de montrer ce qu’ils ont appris pendant toute l’année. Le projet n’a pas pris l’eau, il est arrivé à bon port. Votre enfant, comme 4000 autres à Montpellier, a appris jusqu’à 12 chansons, les a entonnées avec un plaisir certain, vous a fait profiter de sa joie de chanter, et ça, c’est le but de ce projet. En quoi l’association Swing Gum Enfance, lorsqu’il annonce vouloir « faire partager au plus grand nombre le chant choral et plus particulièrement aux enfants et adolescents des écoles et collèges » ment-il, puisque ces enfants ont chanté, chantent et chanteront ?
    Ne retournez donc pas votre frustration contre les mauvaises personnes. Profitez du magnifique gâteau offert aux enfants sans regretter la cerise.
    Et l’an prochain, profitez du plaisir renouvelé de voir appris un nouveau répertoire, sans arrière pensée, sans colère, dans les fauteuils rouges de l’Opéra ou sur une estrade de la cour, ou tout simplement, en boucle, sur le trajet de l’école.
    Quant à mes élèves, ils savent déjà que l’année prochaine, comme cette année, ils chanteront, et cela suffit à leur bonheur, avec ou sans Opéra à la clé.

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  6. J’espère seulement que ce merveilleux projet, qui fait swingumer des milliers d’enfants (d’enseignants et de parents!), pourra continuer malgré la jalousie et la médisance de parents comme vous. Je ne sais pas si vous vous rendez compte de la chance que nous avons de pouvoir participer à de tels événements, même si les enfants ne chantent finalement que dans le cadre d’un concert d’école. J’espère aussi que les personnes courageuses qui supportent les critiques et les remarques ne vont pas se lasser et continuer à nous offrir chaque année cette sublime histoire de choeur.

    Sara.

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  7. Oui, mes élèves et vos enfants chantent au quotidien en classe car leur enseignante est formée et encadrée par de précieux conseillers pédagogiques en musique.
    Oui, mes élèves et vos enfants partagent un répertoire commun à l’école, riche et varié, adapté à leur âge et à leurs compétences vocales.
    Oui, mes élèves et vos enfants font chaque année l’expérience d’une pédagogie active du chant choral.
    Oui, mes élèves et vos enfants sont guidés, dirigés tout au long de l’année, par ces enseignants spécialisés en musique et, grâce à eux, apprennent les exigences et les bonheurs du chant choral.
    Oui, mes élèves et vos enfants ont grandi à travers ce projet qui demande attention à l’autre et concentration, cohésion du groupe et partage, volonté d’être beau ensemble.
    Oui, mes élèves ont chanté dans la cour de l’école devant leurs parents éblouis.

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  8. Bonjour.
    Voici l’avis d’un papa dont son enfant n’a pas été « sélectionné ».

    Cet article décrit la réalité, malheureusement. Je ne comprends pas que l’auteure soit accusée de mensonge ou d’inventer ! Tout ce qui est décrit dans cet article ne sont que des faits, qui j’espère, provoqueront une remise en question de l’organisation pour éviter que cela ne se reproduise.

    Comme l’auteure, je pense et je confirme que :
    – l’association swing gum propose un projet fantastique à faire perdurer,
    – les équipes enseignantes qui travaillent avec cette asso sont impliquées et font du bon travail,
    – cette année a donné jour à un malheureux couac du fait d’un choix pédagogique dans une école.

    Cette année et dans notre école (ce sont des faits, et non des mensonges comme le laisse prétendre certains commentaires…) :
    – 20 enfants de 3 classes de CP ne pouvaient pas participer aux chorales à Jean Villard et Opéra comédie (7 élèves de chaque classe de CP ont été écartés un mois et demi avant l’évènement)
    – ont été écartés : les enfants avec des troubles du comportement, ceux qui n’ont pas la meilleure mémoire et/ou ceux qui restent moins en place que les autres….
    – peu ou pas de communication claire sur ce projet à destination des parents des enfants des 3 classes de CP concernées
    – non écoute par les enseignants de CP, des craintes des parents quant à cette sélection.

    Résultats pour les enfants qui n’ont pas participé à cet évènement :
    – mise à l’écart d’un groupe d’enfant parmi le groupe classe,
    – diminution de la confiance en soi,
    – plus envie de chanter,
    – pleurs, déception, incompréhension,
    – et surtout, gros sentiments d’injustice le jour de la représentation (en voyant le jour du spectacle des enfants se dandiner sur scène, ne pas chanter….c’est exactement ce qui leur était reproché pour ne pas y participer!)

    Il est vrai que ces faits sont vérifiables dans une seule école (tout comme l’article, je ne peux pas parler pour les autres écoles, bien entendu)
    – ce projet a été très mal expliqué dans la classe de mon fils. Pour preuve, les dernières répétitions se faisaient sans le groupe des « exclus » puisqu’il jouaient le rôle de spectateur ! Alors qu’une chorale de fin d’année est organisée dans l’école…

    Ce qui est critiquable et à veiller à ce que cela ne se reproduise pas les prochaines années :
    – amener à faire chanter tous les enfants d’une même classe dans un lieu public (Il y a avait 2 dates de représentation, il était alors possible de les faire chanter au moins sur l’une des deux dates ou bien, solution plus radicale, ne pas faire chanter les CP s’ils sont estimés « à risque de faire planter la chorale ».)
    – faire participer tous les enfants de la même classe aux répétitions.

    Ces choix pédagogiques sont du ressort de l’équipe enseignante de cette école. Il faudra veiller à ce que cela ne se reproduise pas les prochaines années. Je compte sur l’association pour éviter que cela ne se reproduise les prochaines années.

    Un Papa en colère

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  9. Je suis très choquée de cet article qui ne reflète pas la réalité de ce projet.
    Dès le départ les enseignants savent que l’apprentissage du répertoire n’aboutit pas forcément à une représentation à l’opéra. Certains organisent un concert dans leur école. D’autres tirent au sort la classe qui aura la chance de pouvoir se produire à l’opéra. En aucun cas il n’est question de pratiquer un casting douteux. Ce fut le choix des enseignants de cette école, mais pas des créateurs des Fanfarons qui sont irréprochables sur leurs intentions.
    Ce merveilleux projet a le pouvoir de fédérer toutes les écoles, toutes les classes qui chantent un même répertoire.
    Je suis très fière d’en faire partie et je ne souhaite qu’une seule chose, qu’il puisse durer encore de nombreuses années. Mes élèves ont été ravis d’y participer.
    Dommage que toute votre école soit passée à côté de ce petit bonheur simple : chanter ensemble !!!

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  10. C’est bien triste et honteux de lire un truc pareil quand on sait à quel point ce projet demande d’investissement et d’énergie à ses organisateurs et acteurs. Tous les enseignants qui inscrivent leur classe à ce projet savent qu’ils ne feront peut être pas un spectacle à l’opéra même si les élèves ont appris le répertoire, c’est d’ailleurs pour cela qu’il nous est conseillé de prévoir une représentation interne à l’école. Ce projet est victime de son succès et toutes les classes inscrites, qui ont donc accès au répertoire et à la préparation, ne peuvent pas se présenter sur une scène de Montpellier. D’autre part le critère du comportement a aussi toujours été évoqué. Il s’agit d’un spectacle qui se veut de qualité et les élèves qui participent savent que si leur comportement est inadapté ils ne monteront pas sur scène même s’ils chantent très bien.
    Bref, j’espère seulement que vos propos ne démotiveront pas l’équipe et qu’ils trouveront l’énergie nécessaire pour nous monter à nouveau un super projet dont l’impact est incontestable dans toutes les classes qui participent avec ou sans spectacle à la clé.

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