Élections régionales : ces candidats qui vous laisseront sans voix !

Ce dimanche 6 décembre 2015 marque le premier tour des élections régionales dans un contexte singulier qui est celui de l’état d’urgence. Ces derniers jours, les candidats ont poussé leurs militants à faire vivre une campagne qui ne semblent intéresser qu’eux-mêmes. La lutte des places est en marche ! Et ces candidats se font généreux en promesses pour appâter l’électeur en mal de sensations démocratiques. Mais attention, le discours est bien éloigné des actes. Petit tour d’horizon de ces candidats qui veulent votre voix pour mieux vous bâillonner ensuite.

Image-UneEn plein état d’urgence, le manque de cohérence politique des candidats aux élections régionales saute aux yeux. Ainsi, alors qu’au niveau local, ils promettent monts et merveilles en terme de démocratie et d’appel aux citoyens, les prises de position des appareils politiques et des candidats sur l’état d’urgence est unanime. Tout le monde s’est rassemblé derrière la bannière de l’unité nationale contre le terrorisme sans un seul moment tenter de comprendre et d’expliciter les mécanismes qui ont conduits aux tragiques événements de Paris en novembre dernier. Du Front de gauche au Front national en passant par le Parti socialiste, EELV et les Républicains, tous ont salué cet état d’urgence qui serre la gorge de nos libertés fondamentales. Une fois encore, c’est la démonstration que la Vème République se meurt et que ses représentants sont d’augustes croque-mort qui ne font que porter son cercueil.

Louis Aliot : Bleu brun Marine

Sur l’état d’urgence, l’extrême-droite est restée droite dans ses bottes. Lors du débat à l’Assemblée nationale le 19 novembre dernier, les députés FN ont ressorti leurs vieilles rengaines à l’instar de Marion Maréchal-Le Pen pour qui  « il nous faut aussi désigner et lutter contre l’idéologie qui se cache derrière ce mode opératoire, à savoir l’islamisme ». Le raisonnement est d’un simplisme effarant : attentat = religion = islam = étranger = arabe. Un paradoxe pour ces fervents soutiens de réseaux catholiques intégristes dont la Manif’ pour tous est la partie publique. « Nous ne manquerons pas de faire l’unité nationale, la seule qui compte : l’unité pour nos morts et contre l’islamisme », affirme même la députée héritière qui a grandi bien loin de la réalité sociale des quartiers dits populaires et de leur précarité.

Le raisonnement est d’un simplisme effarant : attentat = religion = islam = étranger = arabe. »

Louis Aliot use de l’amalgame, vieille recette de l’extrême-droite, en tweetant le 13 novembre : « Monsieur Valls, vous voyez où est le danger ? Le vrai ! Irresponsable ! » L’argumentation du FN fait un mélange des sujets d’actualité : réfugiés qu’ils nomment migrants, stigmatisation communautaire, attentats. La rhétorique des années 1930 tourne àFN-LePen plein régime. Et alors que le parti Bleu brun Marine se dit hors système, il démontre par les prises de position de ses députés qu’il n’est qu’un maillon de la chaîne du système. Ainsi, Gilbert Collard vote la prorogation de l’état d’urgence en expliquant que « l’unité de la nation se fait non pas sur les plateaux de télévision mais dans les votes que l’on émet. Même si l’on a le droit, pour ne pas dire le devoir de ne pas être d’accord, au moment de voter la loi qui nous permet de nous défendre, nous devons tous être réunis. » Et le FN veut même aller plus loin : « À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles, qui doivent durer le temps de la situation – trois mois, six mois ou un an. Les optimistes auraient tort de croire que trois mois suffiront. » Avec le FN, ne cherchez pas de référence à la démocratie, la liberté ou encore l’éducation, tout n’est que répressif et sécuritaire.

Christophe Cavard : le Bien Commun sous surveillance

« Attention à l’effet boomerang », prévient Sabria Bouallaga (Midi Libre – 02/12/15), tête de liste pour l’Hérault de la liste Le Bien commun qui se réclame à « 99% écologiste et citoyenne ». L’élue d’opposition à la mairie de Montpellier, ancienne adjointe de Philippe Saurel, se pose comme représentante des quartiers populaires et s’insurge contre la stigmatisation des habitants desdits quartiers. « La sécurité n’est pas une réponse à la détresse sociale », explique la jeune femme pour qui « c’est aussi dans les quartiers qu’il faudrait mettre des cellules psychologiques. » Pour Boualaga, « si on mettait les mêmes moyens sur le social, le sportif, l’éducatif et le culturel, on éradiquerait une bonne partie du terrorisme ». Petit problème, le député Christophe Cavard, la tête de liste régional du Bien commun, a une action législative en complète contradiction avec ces propos humanistes.

Cavard, éducateur, de profession s’est découvert une passion pour la police et les services de renseignement. Maniant parfaitement la novlangue, il affirme à Midi Libre (04/05/15) :  « En protégeant la société, on protège nos libertés ». Il a ainsi voté sans problème la loi sur le prolongement de l’état d’urgence. D’ailleurs, lors des débats parlementaires sur le sujet, François de Rugy, soutien de Cavard pour les régionales, lançait : « Nous refusons d’opposer sécurité et liberté. » Et il n’hésite pas à parler aux nom des Français qui, d’après lui, « veulent continuer de mener une vie aussi normale que possible. Ils veulent continuer de travailler, de prendre les transports en commun, d’accompagner leurs enfants à l’école, de sortir le soir pour se rendre au concert ou boire un verre entre amis. S’il faut pour cela accepter quelques mesures de contrôle supplémentaires, les Français y sont prêts. » Aucun mot sur une réponse sociale prônée par Sabria Bouallaga.

Christophe Cavard représente le 1% manquant de sa « liste écologiste et citoyenne » : le 1% sécuritaire qui pèse plus que les 99 autres pourcents. »

D’ailleurs, Cavard et ses amis de « Écologiste ! Le parti » s’était déjà illustré dans l’attaque de nos libertés en soutenant fermement la loi liberticide sur le renseignement en proposant un amendement inquiétant. Ainsi, Christophe Cavard proposait d’ « intégrer les services pénitentiaires dans la communauté du renseignement pour pratiquer, par exemple, des écoutes téléphoniques de détenus », explique L’Humanité (17/04/15). Christinae Taubira, la Garde des Sceaux, s’y était opposée « arguant que les gardiens de prison n’étaient pas des enquêteurs. » Taubira défend alors un autre amendement pour supprimer celui de Cavard. Mais la Garde des Sceaux se verra déboutée par les députés où PS et « Les Républicains » ont fait preuve d’une étrange complicité lors des votes. Ainsi, le député PS Pouria Amirshahi, « figure de l’aile gauche, dénonce ceux qui «sont dans cette guerre permanente, interne à la gauche, pour faire infliger à leur propre camp des défaites culturelles : la défaite économique en imposant le libéralisme; la défaite républicaine en imposant l’ordre sécuritaire ». Finalement, Christophe Cavard représente le 1% manquant de sa « liste écologiste et citoyenne » : le 1% sécuritaire qui pèse plus que les 99 autres pourcents.

Carole Delga : Notre Sud répressif

Delga-PSCarole Delga a un CV long comme un bras de Garonne. Après s’être illustrée en tant que secrétaire d’État auprès d’Emmanuel Macron où elle a minutieusement participé à la casse de notre modèle social, Delga la député chausse casque et bouclier pour museler ses concitoyens.  Elle vote en son âme et conscience la prolongation de l’état d’urgence et s’oblige même à prendre la parole dans l’hémicycle pour faire allégeance au Premier ministre Valls : « Qu’il me soit enfin permis de remercier le Premier ministre et le Gouvernement pour leur sang-froid, leur détermination et leur sens de l’État qui, à eux seuls, justifient amplement l’unité nationale souhaitée par le Président de la République. Cette unité nationale est indispensable dans les heures graves que traverse notre France. »

Les perquisitions et les assignations à résidence concernent en grande partie des militants »

Elle se félicite même des nouveaux pouvoirs attribués à la police en passant un coup de brosse à reluire sur les bottes des CRS : « Grâce à cette procédure rénovée, le ministre de l’intérieur pourra, par exemple, imposer un pointage au commissariat, jusqu’à trois fois par jour, ou encore confisquer le passeport et les documents d’identité. » Le problème est que l’application de l’état d’urgence est liberticide au possible. Les perquisitions et les assignations à résidence concernent en grande partie des militants comme nous l’avons déjà démontré ici.

Sa liste a au moins le mérite de la cohérence. Ainsi, ses fidèles colistiers sont aussi des groupies du gouvernement. À l’image du député Christian Assaf, quatrième sur la liste dans l’Hérault, qui s’illustre par sa soumission aux projets de loi du gouvernement. En bon petit soldat, il vote pour sans la moindre contestation. Le dernier de liste dans l’Hérault est le cumulard Kléber Mesquida, député et président du Conseil départemental, qui a aussi participé à la mise en place de l’état d’urgence. Mais peut-être que l’état policier est plus doux sous le soleil de notre Sud ?

Damien Lempereur : (F)rance attitude

Le parti de Nicolas Dupont-Aignan « Debout la France ! » a de quoi laisser la démocratie à genoux. Son jeune loup local, Damien Lempereur, n’hésite pas à surjouer la sécurité et la stigmatisation des plus pauvres. Sa profession de foi est barrée d’un « STOP à l’insécurité » où il est indiqué : « aider les communes à mieux protéger les citoyens, démanteler les camps illégaux et lutter contre l’immigration clandestine. » Problème : aucune de ces actions n’est de la compétence de la région. Peu importe, « Debout la France ! » a pour habitude de s’engouffrer dans la brèche sécuritaire de façon assez grossière.

Sur l’état d’urgence, les votes sont unanimes. Le sénateur Jean-Louis Lemasson, soutien de Lempereur, a voté pour. Tout comme le député Dupont-Aignan, qui veut aller toujours plus loin. Ainsi, à l’Assemblée nationale il a défendu le port du bracelet électronique pour les assignés à résidence. Pour lui, « le bracelet électronique n’est donc qu’une simple adaptation aux temps modernes. » Il va même plus loin en voulant « des mesures de détention (…) obligatoires pour les cas les plus dangereux ». Et ceci sans passer par la case justice. Déjà, après les attentats contre Charlie-Hebdo, Dupont-Aignan voulait mettre en place l’état d’urgence et « suspendre Schengen pour boucler le territoire, et pendant deux mois, on revoit les lois ». Rien à envier au programme du FN.

Gérard Onesta : un Nouveau Monde sécuritaire

Les prises de position les plus étonnantes au regard de ce qui est prôné sont celles des tenants du rassemblement EELV, Parti de Gauche-Parti communiste-Ensemble (Front de gauche), Parti occitan. Cette gauche dite « radicale » s’éloigne véritablement des idéaux de Robespierre et de Jean Jaurès. Gérard Onesta, tête de liste de ce rassemblement fourre-tout, a beau écrire un texte post-attentats (« Rester debout. Avancer.) où il clame un : « Soyons fiers d’une citoyenneté active » en faisant de vibrants appels à la démocratie, la pratique est, là aussi, aux antipodes des actes. Ainsi, dans l’hémicycle, là encore, c’est l’unité nationale qui est consacrée. Pour EELV, Cécile Duflot qui était venue le mois dernier soutenir Onesta à Monpellier, a voté l’état d’urgence « parce que j’estime en conscience que les événements nous y contraignent et que je tiens à ce que les moyens nécessaires s’appliquent sans délai pour lutter contre la menace qui nous frappe ». Elle ne dira pas un mot sur la razzia des militants, notamment ceux de la cause écologique, qui ont eu droit chez eux à des descentes de policiers lourdement armés. Du côté des communistes, André Chassaigne, chef des députés Front de gauche à l’Assemblée, estime « que cette prorogation est fondée et nécessaire, pour une durée limitée. » La rhétorique fait jongler les mots et quelque peu froid dans le dos quand Chassaigne ose qualifier l’état d’urgence de  » légalité exceptionnelle ». Mettre entre parenthèses les droits de l’homme et du citoyen ne semble pas poser problème.

Cette gauche dite « radicale » s’éloigne véritablement des idéaux de Robespierre et de Jean Jaurès. »

La prise de position de la 3ème candidate de l’Hérault donne aussi le ton en local. Ainsi, sur les réseaux sociaux, Zina Bourguet remercie chaleureusement les « 15 députés EELV d’avoir voté pour la prorogation de l’état d’urgence ». C’est Onesta-Tweet-Bourguetque la liste ne goûte effectivement pas trop à la liberté de la presse et à la liberté d’expression. Le député Jean-Louis Roumégas (32è dans l’Hérault) a aussi voté pour le prolongement de l’état d’urgence. De son côté, René Revol, figure locale du Parti de gauche, mentor de Jean-Luc Mélenchon et accessoirement vice-président à la régie publique bidon de la métropole de Montpellier ne relâche pas ses poursuites judiciaires envers le média indépendant Montpellier journal. Enfin, la tête de liste de l’Hérault, Muriel Ressiguier, qui enchaîne les catastrophes électorales, s’est faite remarquer sur les réseaux sociaux. Elle bloque chaque personne relevant publiquement ses contradictions et sa façon d’agir. Des paroles aux actes, il y a un canyon à traverser dans ce Nouveau Monde sécuritaire.

Dominique Reynié : « Je m’engage » à vous surveiller

La liste de Dominique Reynié est en quelque sorte le front de droite. Il rassemble « Les Républicains », le Modem, l’UDI et Chasse pêche nature et traditions. Reynié a la bénédiction de Sarkozy pour mener la liste, le même qui estimait que « Nous avons déjà trop attendu pour mettre en place l’état d’urgence », (France TVInfo – 25/11/15). À l’Assemblée, Jean-Christophe Lagarde de l’UDI a expliqué que « les parlementaires, élus locaux et responsables politiques que nous sommes ont tous la responsabilité d’être unis dans l’épreuve que nous traversons. » Pour lui, « face à cette menace, notre réponse doit impérativement être l’unité, le rassemblement, la cohésion et la détermination ». Du côté du Sénat, François Commeinhes, maire de Sète et président de Thau Agglo (29ème sur la liste dans l’Hérault) s’est empressé de voter pour l’état d’urgence.

Avec cette droite, les moindres faits et gestes des habitants seront passés au crible, état d’urgence ou pas. »

Dans son programme, Reynié met pleins phares sur la sécurité : « la Région doit d’urgence faire face aux exigences de sécurité des citoyens », clame-t-il. Au risque de rogner leur liberté, peut-on ajouter. Et il fait une liste à la Prévert d’un déferlement de moyens pour mieux fliquer la citoyen : création d’ « unités régionales de prévention et d’assistance pour garantir la sécurité des lycées »,  « programme de vidéo-protection pour les lycées »,  installation de « 2 portiques de sécurité – détecteurs de métaux dans tous les lycées et les CFA ». Et Reynié veut ensuite inciter les autres collectivités à installer de tels équipements dans les écoles maternelles et les collèges ! Sans oublier, débauche de caméras de vidéosurveillance. Avec cette droite, les moindres faits et gestes des habitants seront passés au crible, état d’urgence ou pas.

Philippe Saurel : les Citoyens du Midi traqués

Le Gargantua des mandats Philippe Saurel, déjà maire de Montpellier et président de la métropole, risque de boire un bouillon bien amer lors de ces élections régionales. N’est pas Georges Frêche qui veut même pour son fils spirituel. Si Saurel se réclame hors parti, il en est pourtant fortement imprégné et reste fidèle à son grand ami Manuel Valls qui a mis en place l’état d’urgence. Ainsi, interrogé sur France 3 sur le fait que Valls lui demandait de se retirer de la course régionale, Saurel répond : « quoique puisse dire Manuel Valls, quoiqu’il puisse faire, je resterai son ami. » Sur sa liste, il a aussi de vrais soutiens de l’état d’urgence à l’image du sénateur-maire divers-droite Jean-Pierre Grand (31è sur la liste de l’Hérault).

Saurel applique minutieusement une politique sécuritaire à Montpellier. Comme l’a récemment rappelé Montpellier journal, le maire-candidat a augmenté considérablement les caméras de vidéosurveillance et a pondu un arrêté de PoliceMunicipale« tranquillité publique » qui « interdit dans le centre et les faubourgs « tout regroupement de personnes entraînant des occupations abusives et prolongées des rues et autres dépendances domaniales visées à l’article 4, accompagné ou non de sollicitations ou de quêtes à l’égard des passants » ou encore « toute consommation de boissons alcoolisées » ». Avec Saurel, les éducateurs et les médiateurs ne courront pas les rues, l’édile préférant mettre les moyens dans les forces de police municipal. La ville vient de recruter 21 nouveaux policiers et, d’après le dossier de presse, « au total, d’ici la fin de l’année 2016, 50 policiers supplémentaires auront été recrutés par la Ville portant les effectifs de sa police à 180 agents. » Montpellier se place ainsi au « 6ème rang des villes françaises en matière d’effectifs de police », se gargarise même la mairie. Philippe Saurel reste effectivement fidèle aux idéaux son ami Valls.

 

L’état d’urgence aura au moins un mérite : permettre aux citoyens de se faire une idée surRépublique-Sécurité les motivations de ceux qui nous gouvernent ou prétende à le faire. Sur la restriction de nos libertés, il y a une inquiétante unanimité qui annihile tout réel débat démocratique. Le citoyen est privé de toute expression et est juste prié de mettre bougies et drapeaux à ses fenêtres. D’ailleurs, la France a été claire sur le sujet. Elle a déjà informée le Conseil de l’Europe qu’elle pourra déroger aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales. Celles et ceux qui défendent l’état d’urgence ont donné leur blanc-seing à cette dérogation honteuse. Depuis, Manuel Valls a laissé entendre la possibilité d’allonger l’état d’urgence au-delà des trois mois tandis que François Hollande veut changer la Constitution sur ce sujet sans consulter les Français. Maintenant, c’est aux citoyens d’être vigilants et de raisonner dans le cadre d’institutions à bout de souffle. « Malheur à nous, si nous n’avons pas la force d’être tout à fait libres, une demi-liberté nous ramène nécessairement au despotisme », disait Robespierre (Discussion sur l’institution des jurés, 7 avril 1790). Et en ces temps d’état d’urgence, les despotes sont légion.

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