Montpellier prépare sa riposte à la Loi Travail !

Alors que la Loi Travail soumise par la ministre Myriam El Khomri promet la casse pure et simple du Code du Travail, sur le net les citoyens s’organisent pour contrer ce projet de loi et Montpellier n’échappe pas à cette contre-offensive virtuelle qui n’attend qu’à se concrétiser dans la rue. 

En moins d’une semaine, plus d’un demi-million de signataires ont interpellé le gouvernement et signifié leur protestation contre la Loi Travail sur une pétition en ligne initiée par un collectif comprenant notamment la militante Caroline De Haas, récente démissionnaire du Parti socialiste. Pour les créateurs de cette supplique, la loi présentée par Myriam El Khomri ne propose rien d’autre que de « revenir des années en arrière ». « Salarié-e-s ou non : cette réforme nous concerne toutes et tous ! », insiste le collectif. Même tous concernés, il n’est pourtant pas certain que nous ayons notre mot à dire. En effet, le gouvernement a laissé entendre qu’il pourrait bien passer en force en utilisant une nouvelle fois le 49.3, outrepassant ainsi le vote de l’Assemblée nationale.

Face à cette mobilisation 2.0 de grande ampleur, la ministre, elle même, a dû envoyer une réponse aux pétitionnaires comme le permet la plateforme utilisée.LoiTravail Une lettre qui n’a pas vraiment convaincue les initiateurs de la pétition, « dépité-e-s », qui attendent toujours des « réponses ou des explications » quant aux mesures comprises dans cette loi. Affolé et dépassé sur la toile, le gouvernement a mis en place un compte Twitter censé représenter la @LoiTravail sur les réseaux sociaux pour expliquer aux internautes qu’ils n’avaient rien à craindre de cette loi dont « on parle beaucoup » mais qu’« on connait mal ». Une initiative très vite raillée et trollée à coups de hashtags par des cyber-citoyens excédés.

Devant le fait accompli, d’autres organisations ont été contraintes de sortir de leurs torpeurs, à l’instar des syndicats, réunis pour l’occasion à 10 en intersyndicale, une première depuis fin 2013. Cependant le résultat de cette réunion n’a pas été à la hauteur de la situation, de nombreuses organisations préférant dialoguer avec un gouvernement devenu sourd aux revendications sociales tout en renvoyant les mobilisations aux calendes grecques. L’heure n’est pourtant plus aux négociations.

Les raisons de la colère

Après la Loi Macron, ses bus pour pauvres et son travail du dimanche, le duo Hollande-Valls persiste et vient de concocter un nouvel élixir antisocial. Son but ? Dissoudre les pages du Code du Travail et laisser les plus faibles sans protection. « Il faut réformer ce pays et on va le reformer jusqu’au bout ! », avait prévenu Manuel Valls. Si par CPBNKAfUxxtcNnH-800x450-noPadréformer l’intéressé entend créer des travailleurs kleenex, il est assurément sur la bonne voie. Ainsi avec la Loi Travail, les apprentis mineurs pourront travailler 10 heures par jour et 40 heures par semaine, il n’y aura plus de minimum de dommages et intérêts en cas de licenciement injustifié, la durée du congé en cas de décès d’un proche ne sera plus garantie par la loi, la visite médicale d’embauche se verra transformée en une simple visite d’information, moins d’indemnités pour les malades et accidentés licenciés, une entreprise pourra désormais faire un plan social sans avoir de difficultés économiques. Un florilège de renoncements pour un gouvernement qui se voit félicité par le Medef et des personnalités de droite comme Dominique Reynié, ancien candidat (Les Républicains) à la région Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées.

Des réseaux sociaux aux mouvements sociaux

Tandis que la pétition en ligne dépasse le million de signature, sur YouTube un regroupement de vidéastes compte bien faire entendre la voix des travailleurs et faire barrage à la Loi Travail, c’est ainsi qu’est né le mot d’ordre #OnVautMieuxQueÇa.12743623_980510455319672_5241617829813378646_n Dans leur première vidéo, les jeunes youtubers ne passent pas quatre chemins : « Comment s’étonner de ce genre de décisions, les gens qui les prennent ne connaissent rien aux réalités du travail. Pour eux on est que des chiffres, des données statistiques. Alors que le travail c’est notre quotidien, nos réalités, nos vies », « les politiques ne nous donnent jamais la parole, et aujourd’hui il est temps de la prendre ».  Leur démarche consiste simplement à « inviter les gens à prendre la parole et rendre visible la réalité du travail », raconte l’un des membres. L’initiative a eu un tel succès que le slogan a inondé les réseaux sociaux et suscité près de 40 000 témoignages sur Twitter le jour du lancement.

Dans le même temps c’est l’effervescence militante sur le net. Très vite, et sans l’aval des syndicats ou des partis politiques, la date du 9 mars pour organiser des manifestations se propage. Une date qui correspond au passage de la loi Travail devant le Conseil des ministres. Dans toutes les grandes villes de France des événements s’organisent sur Facebook appelant à la grève générale et à la manifestation jusqu’au retrait de cette la loi, dont à Montpellier où le rendez-vous est déjà pris par plus de 3000 personnes. Dans la foulée les organisations de jeunesses pour qui « le contenu de ce projet, directement inspiré des revendications du Medef, représente un véritable retour au siècle dernier pour le monde du travail avec une fois de plus les jeunes comme cibles favorites », se joignent à la mobilisation. Pris de panique et avec la volonté de circonscrire le mouvement, le gouvernement annonce avoir reporté de 15 jours le passage de la loi devant le Conseil des ministres et change le nom de cette dernière. Pour autant Manuel Valls campe sur ses positions : « Il n’y a pas d’erreurs, il y a des corrections à apporter », a t-il lâché.

CARTELes bidouillages de l’Elysée pour rendre inaudible la protestation n’aura eu que peu d’effet puisque à titre personnel la Confédération Générale du Travail rejoint déjà la dynamique du 9 mars et invite les salariés à « participer aux
rassemblements et manifestations unitaires en construction
 ». Une démarche imitée par des syndicats de branches comme FO Rail. Voilà de quoi donner un malaise à la ministre du Travail, Myriam El Khomri ! À Montpellier, l’appel « citoyen et militant » qui souhaite « la convergence des luttes des salariés, des chômeurs, des retraités, des jeunes, contre la loi Gattaz-Hollande-Valls-Macron-El Khomri et toutes les régressions sociales »  a organisé une assemblée générale le 2 mars pour préparer la manifestation. Cette dernière a été animée par une soixantaine de personne au local associatif Le Barricade et a abouti à un horaire de manifestation pour le 9 mars. Il a donc été décidé de rejoindre la mobilisation des cheminots déjà prévue « pour un service public de qualité » à la gare de Montpellier à 11h et de les accompagner jusqu’à la préfecture à 12h pour entamer un second parcours dont la revendication est le « retrait immédiat de la Loi Travail ».  Cette marche sera clôturée par une grande assemblée générale pour décider de la suite du mouvement au kiosque situé sur l’Esplanade Charles-de-Gaulle. Du coté des étudiants, une assemblée générale est également prévue le 9 mars à 9h30 à l’Université Paul Valéry sur le parvis des amphis.

 

Cette Loi Travail risque bien d’être l’étincelle qui va embraser la vie sociale du pays. Si les lycéens, étudiants et salariés du privé semblent prêt à rejoindre le mot d’ordre de grève générale, d’autres secteurs en lutte ne manqueront pas de les rejoindre. À l’image des intermittents et précaires de la Coordination des Intermittents et Précaires du Languedoc-Roussillon (CIP LR), qui ont repris leurs actions à Montpellier se rappelant aux bons souvenirs des administrations (Direction du travail et Direction de la culture). Les retraités quant à eux seront également dans la rue dans le 10 mars pour défendre des pensions aussi attaquées par le gouvernement PS. Mais le nouveau préfet de l’Hérault laissera-t-il se dérouler la manifestation alors que nous sommes en plein état d’urgence ? Le bras de fer opposant citoyens et État anti-social et policier est engagé.

L’événement Facebook de manifestation du 9 mars à Montpellier c’est ici

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